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Un mauvais coup pour la prévention ?

Par Catherine Sanfourche (Le Cardiologue n° 338 - janvier 2011)

Mis en ligne le 5-07-2011

La suppression de l’ALD 12 correspondant à l’HTA sévère a peut-être une justification financière au regard des comptes de l’Assurance Maladie, mais c’est sûrement un très mauvais calcul à moyen terme.

Supprimer cette ALD risque d’avoir des effets pervers graves

-  d’abord, c’est adresser clairement le message à la population que l’HTA « ce n’est pas grave » ;
-  ensuite, c’est, une fois encore, pénaliser la prévention cardiovasculaire, parent pauvre de l’arsenal thérapeutique français, alors même qu’on sait que les gains de vie sont à rechercher dans ce type de programme ;
-  enfin, c’est totalement contradictoire avec les autres mesures sanitaires prises parallèlement : campagne de prévention et de prise en charge des accidents vasculaires cérébraux en premier chef.

Un « Bouclier sanitaire » pour une sortie par le haut

Comme à l’accoutumée, l’exigence absolue de résultats financiers à court terme pénalise la mise en place d’une vraie politique de santé publique ! Ce n’est pas seulement l’HTA qui est ainsi visée, mais à terme toutes les maladies chroniques comme le diabète de type II.

En fait, c’est le système même de prise en charge des ALD qui doit être revu. Jean-Pierre Door vient de déposer un projet de loi sur la mise en place d’un « Bouclier sanitaire  » qui permettrait enfin de sortir par le haut d’une problématique qui n’aura pas de solution. Nous en reparlerons. ■



Communiqué de presse de l’Alliance du Cœur du 13 janvier 2011

Attention danger !

L’Assurance Maladie cherche à réduire le remboursement des médicaments vitaux destinés aux personnes souffrant d’hypertension artérielle ! Alors que les complications de cette maladie chronique représentent un véritable fléau de santé publique, comment expliquer une telle mesure ?

(PNG) L’hypertension artérielle (HTA) touche plus de 8 millions de Français, dont 1,1 million bénéficie de l’ALD du régime de l’Assurance Maladie. La reconnaissance au titre d’une ALD (Affection de Longue Durée) permet le remboursement intégral des examens médicaux et des médicaments nécessaires au traitement de l’HTA, indépendamment de la souscription à une assurance complémentaire de santé. Chaque année, en France, l’hypertension artérielle est l’une des causes majeures des accidents vasculaires : 100 000 infarctus, 150 000 Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC) et 147 000 décès. Le 11 janvier, la Commission réglementation de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) a voté, avec une majorité d’une seule voix, une motion favorable au projet de décret visant à supprimer l’HTA sévère de la liste des affections de longue durée. Les objectifs de la CNAMTS sont clairs : supprimer l’ALD 12 (hypertension artérielle sévère) revient à transférer une large partie des coûts de remboursement de cette ALD (évalués à 4 400 M€ par an) aux assureurs complémentaires. Tant pis pour les patients hypertendus qui ne disposent pas d’une couverture complémentaire prenant en charge la part des frais médicaux non remboursés par l’Assurance Maladie.

L’Alliance du Coeur, union nationale des fédérations et associations de malades cardiovasculaires, regroupant 28 associations, dénonce cette prise de décision sans précédent. C’est en effet la première fois qu’une ALD est supprimée (malgré une tentative avortée en 2008 sur d’autres pathologies chroniques) et cette première touche la troisième ALD en termes d’effectifs. Considérant les graves complications d’une HTA mal traitée, cette mesure, en dégradant la prise en charge de cette maladie, ne fera qu’augmenter la cohorte des patients atteints de maladie coronaire (ALD 13) ou d’accident vasculaire cérébral (ALD 1), pathologies bien plus coûteuses qu’une HTA bien traitée. Pour un supposé contrôle des coûts des ALD, la CNAMTS va alourdir la facture globale : une démonstration nette et claire du peu de cas que l’Assurance Maladie fait des véritables enjeux des maladies cardiovasculaires.

Contact presse : Jean-Claude Bouler (Président) - 06 82 16 26 54

Alliance du Cœur (anciennement FNAMOC)
Union Nationale des Fédérations et Associations de Malades Cardiovasculaires
190 bd de Charonne - 75 020 Paris - Tél. : 01.45.65.12.14
Association Loi 1901 déclarée à la Préfecture de Paris sous le n° 135359P - Siret 421 359 381 00017


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